Un blog … absence … silence

- Mais qu’est qui se passe donc, ce blog n’est plus mis à jour ?
- Je sais, je sais
- Ok, tu sais, mais alors, qu’est-ce que tu proposes ?
- Heu, ben, rien pour le moment
- Ah, tu le prends comme ça ! Rien, mais ce n’est pas une réponse ça ! Tu es au courant, j’espère, que quand on tape ton nom dans Google, on tombe tout de suite sur ton blog ?
- Oui, oui
- Et tu n’imagines même pas les conséquences ? As-tu entendu parler de l’identité numérique, au moins ?
- Bien sûr, un espèce de truc bien flou qui se veut bien formaté, j’y pipe rien !
- Ouais, ouais, c’est pas à moi que tu vas faire avaler des couleuvres, je sais que ça t’intéresse !
- Oui, mais je relativise.
- Pff, les grands mots, parce que tu crois que tu as le temps de relativiser ! Je te signale que ton profil Viadeo et ton profil Linkedin ne sont pas à jour, et ça commence franchement à dater. Je dis ça, c’est pour toi, pour ton avenir professionnel, parce que là, ma pauvre fille, t’es pas crédible.
- Crédible pour qui ?
- C’est ça, fais l’abrutie, crédible pour qui, mais pour ton réseau professionnel, imbécile !
- Ah, si tu le dis.
- Oui, je le dis, et ne crois pas que ce soit en twittant que tu vas t’en sortir, surtout pour ce que tu twittes ! Et Madame fais même de la poésie, tu parles d’un sérieux !
- Oh, hé, tu commences à me pomper l’air, je fais ce que je veux !
- C’est ça, monte sur tes grands chevaux, Madame veut faire ce qu’elle veut, mais c’est pas comme ça dans la vie, il y a des règles. Et ton profil Facebook, tu l’as vu ? Déplorable ! Une absence complète de professionnalisme.
- Facebook, tu veux rire ou quoi ?
- Je te signale que c’est un grand outil de communication et que c’est comme ça qu’on recrute des clients pour les séminaires, conférences, etc … Alors si Madame veut chipoter, qu’elle chipote.
- Ouais, mais cette logique là ne m’intéresse pas … plus.
- C’est ça, et ça va philosopher maintenant !
- Oh toi, avec tes idées carrées du réseau, tes stratégies web, tu crois vraiment que tu vas révolutionner le monde.
- Allez, c’est parti, Madame veut faire la révolution maintenant, comme s’il n’y avait pas assez de problèmes comme ça !
- Justement, les problèmes, parlons-en, parce que toi, tu crois que tout va continuer pareil, comme si de rien n’était ? Une petite crise et hop on repart comme avant dans l’imbécillité générale, consommons, consommons, chacun pour soi pour se faire la belle vie, tenter d’échapper au monde des perdants, qu’ils pensent !
- Ohhhhhhhh, là, il faudrait pas faire son intéressante, parce que, franchement, tu t’es vu derrière ton clavier, hein ! Tu sais d’où il vient ton ordinateur ? Tu sais comment il est fabriqué ?
- Ouais, je sais.
- Bon, alors, va falloir te réveiller, tu as une vie numérique à assumer, non de non !
- Mouais, ma vie numérique, je l’aime bien disparate, pas rangée, en fouillis, de-ci de-là, parce que passer son temps à maîtriser cette vie là, c’est du temps perdu ! Aucune utilité pour le futur qui nous attend.
- T’as vraiment de drôles d’idées, toi ! Je voulais juste t’aider, tant pis pour toi si tu ne veux pas m’écouter. Bye !
-  Bye ! Et courage à toi pour rester bien dans les cases !

Appel pour le revenu de vie

“Au delà des clivages sociaux, des corporations, des écoles de pensée, nous, signataires du présent appel, voulons contribuer à provoquer dès maintenant une transformation réaliste et constructive de la société: celle du revenu de vie.
Qu’est-ce que le revenu de vie?
L’idée est soutenue de longue date par de nombreuses personnalités, de tous horizons politiques, de toutes confessions et de toutes nationalités. Elle est connue sous des appellations diverses: allocation universelle, revenu d’existence, revenu citoyen, revenu universel, revenu social garanti, etc.
Le revenu de vie ne doit pas être confondu avec le RMI, le RSA et autres allocations attribuées de manière conditionnelle. Le revenu de vie, lui, est automatique, inconditionnel et inaliénable. Il concerne tout le monde, riches ou pauvres. Il est attribué à chaque individu, de la naissance à la mort. Son montant, calculé sur la base du PIB du pays, est suffisant pour garantir à chacun une existence décente - quoi qu’il arrive -. Il est cumulable avec les autres revenus (salariés ou non). Il ne peut être saisi aux plus modestes, mais il entre dans l’assiette d’imposition des plus aisés.” ….
Suite et Appel à signer ici : http://appelpourlerevenudevie.org/

Les initiateurs de l’appel pour le revenu de vie et ses signataires forment un collectif de citoyens indépendants de tous les partis politiques ou groupes d’opinion.
Ce collectif n’a pas d’autre objet que de soutenir cet appel et d’amplifier les voix de tous ceux, experts, militants isolés ou membres d’associations (cf. Wikipedia), qui oeuvrent de longue date, en France ou dans le monde , pour l’instauration d’une forme ou une autre de revenu de vie (cf. Veille internationale).
Le texte de l’appel a été rédigé en français de manière collective sur le site co-ment en tentant d’intégrer toutes les contributions de ces personnes. Il est publié sous couvert de la Licence Art Libre.  Avec cette licence, l’autorisation est donnée de copier, de diffuser et de transformer librement le texte dans le respect des droits des auteurs (le collectif des citoyens pour le revenu de vie).
Le collectif des citoyens pour le revenu de vie n’a pas de représentant particulier. Chaque signataire de l’appel est fondé à en être le porte parole.

Merci de signer cet appel et de le diffuser à vos connaissances par mail et/ou sur vos sites web, blogs, forums, etc …

Les Twollars, monnaie de remerciement, love money …

Superbe expérimentation en direct sur Twitter des Twollars, les adeptes, les testeurs, les contradicteurs, les réfractaires, ça fuse, c’est in vivo.

Je ne vais pas expliquer ce que sont les Twollars ici, allez voir là, tout y est http://www.wikiservice.at/fractal/wikidev.cgi?FR/PinkoMarketing/Twollars , fouillez dans le site.

Ce qu’il y a de formidable dans cette expérimentation - jeu, c’est qu’elle a révélé plein de choses. Il y a ceux qui ont remercié pour du travail effectué, ceux qui se sont marrés, ceux qui ont remercié pour rien (moi ;-) ) , ceux qui n’ont pas voulu joué le jeu, etc …

Dans ce joyeux gazouillis de Twollars, j’ai balancé entre l’enthousiasme, le scepticisme, les doutes et j’ai observé.
Il est vrai que les Twollars sont un peu particuliers, puisqu’ils sont ensuite transformés en dollars sonnant et trébuchant par une entreprise qui va faire œuvre de charité. Nous ne sommes donc pas dans une monnaie parallèle, puisqu’il y a taux de change. Mais dans le bouillonnement de l’expérience, je crois que certains ont oublié ce but et c’est là que c’est intéressant. Oublions un instant les marques, l’entreprise et le projet caritatif.

Dans les détractions de ces Twollars, on ne parle pas vraiment de ça, mais du problème de la comptabilité des échanges. Si on se met à compter ce qui était gratuit auparavant, patatras !
Et c’est vrai, clignotants allumés, danger ! En un sens, Twitter a permis l’expérimentation, mais peut-être que ce n’est pas la plate-forme la plus adaptée.

Rajout : suite à discussion sur Twitter avec Florence Meichel, le rêve qui suit n’est plus de l’ordre du Twollar mais de la love money.

Et cette nuit, j’ai fait un rêve !

Si nous sommes bien dans la love money, la monnaie de l’amour, alors il faut changer de paradigme, faire le saut de l’ange ou le saut de la puce, c’est peut-être juste un petit saut à faire.

Je sens qu’il y a quelque chose d’important là. Difficile à exprimer. Je vais essayer.
Sortons du quantitatif.

Quand j’étais commerçante dans un petit village, tous les mercredis matin, jour du marché, Kiki, trisomique, venait avec son panier faire les courses. Il rentrait dans ma boutique en souriant, me faisait deux gros bisous et disait invariablement ” Il fait beau aujourd’hui !” même s’il pleuvait des cordes. Et il repartait tout de suite pour s’arrêter à la prochaine boutique.
Si j’avais eu de la monnaie de l’amour, je lui en aurai donné des tonnes. C’est que je l’attendais kiki, et s’il n’était pas là, le mercredi, je m’inquiétais, il doit être malade et je me renseignais auprès de sa mère pour savoir si tout allait bien. Et pourquoi Kiki, il n’aurait pas droit à ma monnaie de remerciement ? Le remercier de vivre, d’être là à nous apporter de la joie. Peut-être que ça lui aurait bien servi à Kiki et à sa mère pour parer aux aléas de la vie. Ce n’est pas de la monnaie de charité, oh non, c’est de la monnaie de vie.

Et le pain, comment je le paye mon pain avec cette monnaie ? C’est là où il faut faire le saut, je n’achète plus le pain, je remercie le boulanger d’avoir fait du pain. D’ailleurs, je ne sais pas vous, mais je dis toujours merci au boulanger quand il me tend le pain contre mon argent. Je n’ai pas l’impression de dépenser de l’argent. Dans ma tête, je lui suis reconnaissante d’avoir pétri la pâte.

C’est ça la love money pour moi, alors c’est sûr, si on se met à remercier que la production, la quantité de travail abattue, nous n’irons pas très loin et nous retomberons dans les travers pointés par les réfractaires aux Twollars.

Car je peux aussi remercier la personne en colère, celle qui pointe des choses que je ne veux pas voir, qui peut-être m’ouvre l’œil. Alors, merci pour ta colère, je te remercie.

Et je peux même remercier les erreurs, les échecs qui au final ont servi à la communauté. Remercier les faiblesses, remercier pour rien.

Je vais loin là certainement, idéaliste, utopique … Que sais-je encore ?

Et vous direz et celui qui reçoit et qui ne redonne jamais cette monnaie. Mais il va étouffer ! Si, on ne peut pas garder l’amour, c’est impossible ! Qu’est-ce qu’il va en faire, elle ne vaut que dans le partage, cette monnaie ne peut pas être gardée dans un coffre.

Et celui qui ne fait rien, à qui on donne rien ? Heu, je ne sais pas si cela peut exister avec cette monnaie. Dès la naissance, le petit humain quémande l’amour pour ne pas mourir et en retour il aime très fort. Alors à partir du moment où on aime, comment pourrait-on ne pas donner et recevoir ?

Tout ce que je dis là est à l’état brut, une sorte d’intuition, c’est que je pense que nous ne pouvons pas comprendre cette monnaie si on ne fait pas ce changement dans la pensée. Bien sûr, il ne faut pas être dupe, réfléchir. Mais si nous restons dans le vieux schéma de la monnaie avec ces monnaies là, cela peut être terrible, nous devons la penser autrement.

Black Out du Net

APPEL HADOPI : «black-out» du Net français
Toutes les informations ici :
La Quadrature du Net

et pour illustrer une chanson de JCFrog :


The Hadopi Song from jcfrog on Vimeo.

Merci JCFrog !

Sorties de crise : deux pistes à ne pas négliger

Les mauvaises nouvelles financières, économiques s’accumulent. Pour certains, on serait au milieu de la crise ?, pour d’autres elle se finirait en 2010, et d’autres plus pessimistes l’envisagent sur un long terme. Mais la plupart des politiques et des économistes ne voient comme remèdes que des vieux remèdes qui ne marchent plus, ou plutôt des poisons qui pourraient nous intoxiquer pour un bon bout de temps, voire à aller dans un mur où il sera difficile de se remettre et laissant une grande partie de la population exsangue.

Et pourtant, il y a des solutions et des personnes sérieuses y travaillent, depuis longtemps déjà. Il ne reste plus que ces solutions soient diffusées à un large public, éveillent l’opinion, influencent les politiques ?,  pour qu’elles soient mises en pratique.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais à chaque fois qu’on réfléchit à fond à des solutions pour mieux vivre tous ensemble, on en revient en général à chaque fois à l’argent. C’est bien le manque d’argent qui met à mal toute une population, car l’argent est le moyen principal de se procurer les denrées de première nécessité. L’argent et ses circuits fermés sont les maîtres du monde. Sans argent, ne reste plus que l’aumône pour continuer à subsister ou alors c’est la mort.

Et comme nous sommes dans une crise financière, la sortie de crise ne peut se faire qu’en changeant nos rapports à l’argent, au travail et à l’aumône. Il y a bien sûr d’autres facteurs de changement aussi importants, psychologiques, idéologiques, philosophiques, etc …, mais beaucoup plus longs à mettre en place. Si nous arrivons à réinsuffler la dynamique nécessaire dans nos échanges “monnayables”, le reste devrait suivre et nous aurons le temps nécessaire.

Pour l’instant, il y a deux pistes possibles qui, bien qu’elles puissent sembler éloignées, peuvent trouver des rapprochements et s’entrecroiser sans doute.

L’une est le revenu d’existence, l’autre est l’open money et/ou les monnaies complémentaires. Ces deux solutions prennent le mal à la racine, l’argent rare. Et quand on s’attaque à l’argent rare, on ne touche pas qu’à l’argent, on touche au fonctionnement le plus prégnant de nos sociétés, à sa structure même. En ouvrant, en fluidifiant les circuits de l’argent hors des banques, on peut fluidifier la vie même, puisqu’on vient reconnecter les liens entre les échanges humains, entre tous les échanges humains. Le revenu d’existence accueille tout citoyen venant au monde sans que le plus faible se sente exclu et les monnaies complémentaires contribuent à la diversité des échanges entre nous, échanges matériels et immatériels.

Je dois dire que je connaissais et m’intéressais depuis longtemps à ces deux solutions, plus ou moins en dilettante. Et grâce aux échanges foisonnants sur Twitter avec des protagonistes et passionnés, et en ces temps de crise, l’urgence de changer de cap en tentant ces solutions m’a sauté aux yeux ( Aïe ! ;-), non, ça fait pas mal )

Je vais vous donner quelques hyper_ liens pour alimenter la réflexion et vous verrez que ces solutions sont sensées, même si elles soulèvent des interrogations (et c’est normal, car c’est à un véritable changement de société qu’elles nous appellent) et qu’à priori ce sont les meilleures solutions pour une sortie de crise rapide et sans trop de douleur. Sinon, c’est le mur !

Revenu d’existence

La page de wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle

http://www.revenu-existence.org/ : écoutez entre autres la conférence d’avril 2008 de Yoland Bresson

AIRE association pour l’instauration d’un revenu d’existence : http://www.revenudexistence.org/index.htm

Une pétition pour le revenu universel en Allemagne avec plus de 60000 signatures : http://www.archiv-grundeinkommen.de/

Le tweetgrid de Olivier Auber en plusieurs langues sur le revenu universel :
http://tweetgrid.com/grid?l=

Page internationale de recherche Twitter préparée par Olivier Auber : http://search.twitter.com/search?q=%23basicincome

Monnaies complémentaires et/ou open money

Déjà en cherchant sur Google avec ces mots-clés vous trouverez des mines d’infos.

Le site initiée par Jean-François Noubel qui travaille sur l’openmoney et l’intelligence collective :
Ancien site où vous trouverez des articles sur les monnaies http://www.thetransitioner.org/wfr/tiki-index.php et le nouveau site http://wiki.thetransitioner.org/ qui se fabrique peu à peu.

Un de mes anciens post avec une interview sur radio Aligre de JF Noubel :
http://www.reglesdejeux.com/outils/rencontre-avec-jean-francois-noubel-sur-le-futur-de-largent/

Bernard Lietaer, économiste  http://www.lietaer.com/ :

L’avenir de la monnaie : http://grit-transversales.org/article.php3?id_article=240
Entretien avec Bernard Lietaer, lors des assises du développement durable à Lyon : http://www.dailymotion.com/video/x8akgd_bernard-lietaer-face-a-la-crise-des_news

Le blog de Marc Tirel http://connecteur.blogspirit.com/ où vous trouverez plein de ressources sur les monnaies complémentaires dont le podcast de Bernard Lietaer qui a fait une conférence à Evry le 5 février 2008

L’expérimentation SOL en France initié par Patrick Viveret et avec l’aide de l’Europe : http://www.sol-reseau.coop/  ( tiens, un réseau SOL en Ardèche Drôme, ce serait bien !)

Voilà les principaux liens pour aujourd’hui, n’hésitez pas, vous pouvez en rajouter en commentaire !

Ah, j’oubliais, les Twollars http://twollars.com/ reliés à Twitter. C’est tout nouveau, bientôt traduit en Français, ça travaille dur à ce sujet d’ailleurs. Une nouvelle façon d’aider les causes humanitaires.

Un dimanche après le midi

Le web devient trop sérieux… c’est bien ennuyeux. Avec tous ces 2.0 et ces 3.0 et ces 5.10 (ça existera un jour), je me numérise trop. Je me sens un peu trop 2.0 ces temps-ci.

La tête dans le brouillard, les deux pieds, les deux mains dans le web.
Respirons un coup ! Machine arrière ? Non, machine de côté.
Sinon, mon écran va devenir une soupe sans nom, un ramassis de liens.
Bien envie de vider toutes les corbeilles, de vider toutes les pages de leur contenu, je cherche un espace vierge.
J’étouffe de conventions, d’ordonnances et de discours. Deux point zéro, puissent les zéros poindre à l’infini.

Management, innovation, capitalisme cognitif ou pas, collaboration, coopération, participation, entreprise, capital humain, outils, ressources, identité numérique, connaissances, savoirs, data mining, hyperliens, sémantique, crise financière, crise écologique, crise systémique … STOP

Je cherche l’humain. Et pas de l’humanité 2.0, non, de l’humanité tout court. Mais elle fourmille cette humanité là, elle est partout dedans et dehors. Je la trouve partout. Elle effleure à la surface des liens, elle est là. Et j’attends qu’elle explose les canaux, qu’elle fasse sauter les verrous, qu’elle s’imprègne dans les fibres optiques, qu’elle fuse enfin dans la réalité des terrains.

Participez, on vous dit ! Participer à quoi ? Participer pour quoi ? Voilà le cœur du problème. Parce que participer pour participer, je ne sais pas. C’est bien, oui. Enfin acteurs, enfin consom’acteurs, enfin acteurs de nos vies, enfin acteurs de l’entreprise, mais acteurs de quoi, acteurs pour quoi ? N’oserait-on pas mettre les mots derrière tout ça ?

Ce n’est pas acteurs de nos vies, qui changera quoi que ce soit, c’est être acteur de vie. Et être acteur de vie, c’est sortir des logiques étriquées, des rentabilités comptables, des troupeaux peureux, des héros adulés, des mots ordonnés. Acteurs de nos vies ne suffit pas, puisque nos vies sont moulées de croyances.

Avons-nous peur de parler d’amour, de désirs, de fusions, de pensées non pensantes, de fulgurantes intuitions, de déserts plein de promesses, de vies pleines ? Avons-nous peur de nos vulnérabilités si humaines, ces vulnérabilités qui sont le cœur de nos rapprochements, de nos ravissements ? Avons-nous peur de nos effrois d’être trop humains ?

Si nous tentons de changer de paradigme, alors nous devrons accepter nos faiblesses, les moments creux, les vides, les riens, les pages vierges pour que puisse naître du neuf, du vrai neuf. La toile est déjà trop pleine, elle déborde de mémoires, elle enfle comme un boeuf.
De-ci, de-là, ouf, des merveilles d’interconnexions à signaux faibles pointent, dans le bruit général, des plages de silence intérieur tentent d’interférer. Je les entends.

C’est un dimanche après le midi et déjà pointe le soir. Sur mon écran plat, je tente de donner vie avec des mots pris dans les têtes.

Jeux de mots avec wordle.net

 Jeux de mots avec wordle.net

Ce sont les mots tirés de ce blog …

http://www.wordle.net/gallery/wrdl/489274/R%C3%A8gles_de_jeux

[chaîne] 2008, j’ai apprécié et j’ai regretté

Richard vient de m’inviter suite à l’invitation d’Emilie , suite à la chaîne lancée par Franck du blog “Caledosphère“ , à évoquer ce que j’ai regretté et apprécié en 2008.

Tentons l’exercice :

J’ai regretté :

- le manque de clairvoyance des politiques, économistes et autres “istes” qui pensent être en mesure de donner une direction à la société.
- le manque de clairvoyance des grands industriels qui continuent à s’obstiner à fabriquer des produits dont plus personne ne veut
- le manque d’émergence de tous les acteurs réunis des grandes associations humanitaires, écologistes et autres collectifs qui oeuvrent pour l’humanité et la planète.
- la main mise progressive et qui continue sur les libertés d’expression
- la peur du changement et le “recroquevillement” de certains
- les violences qui continuent dans le monde
- le réseau Internet sous-utilisé pour de véritables actions
- de ne pas avoir pu prendre de vacances
- de m’être laissée trop souvent absorbée par le direct, cette fascination de suivre en live les événements du monde.

J’ai apprécié :

- la découverte des écrits, des images, des vidéos de personnes passionnantes à suivre sur Internet
- la parole libre que certains s’octroient de plus en plus
- la découverte et l’utilisation de Twitter depuis janvier 2008
- de blogger en mon nom depuis le printemps 2008
- d’avoir laisser tomber les pseudos
- d’être rentré en interaction d’idées avec les autres, bien plus qu’avant
- la crise économique qui s’est révélée, si seulement cela pouvait être un moteur du changement
- la chute de la bourse, si seulement cela pouvait être un moteur du changement
- d’avoir su quand même, finalement, résister au direct, cette fascination de suivre en live les événements du monde.
- de prendre du recul sur les événements du monde
- d’avoir su prendre du temps quand c’est nécessaire même hors vacances

Et je propose (même si on vous l’a déjà proposé, je ne sais pas, cette chaîne date du début du mois, et aller vérifier sur tous les blogs … heu …) à Florence Meichel, Gilles Martin  , à René de Beauregard , à Christian Fauré, à Bertrand Duperrin , à Sylvie Rieux , à Sébastien Sauteur  , à Laurent Delpit  , à Michelle Blanc  de continuer la chaîne 2008 …

Une fissure dans la pensée

Si vous aimez les rêveries, les mots et l’évasion :

http://www.reglesdejeux.com/fabliaux/une-fissure-dans-la-pensee/

Droit à l’erreur

Suite au post précédent du jour, je voudrais parler du droit à l’erreur dans nos identités numériques.
Identité qui n’est pas figée et qui évolue avec le temps, mais qui reste en ligne. Le droit à l’oubli risque d’être problématique avec ces technologies Internet, mais le droit à l’erreur, c’est possible.
C’est juste un changement de vision, de perspective et d’humanité.
Pourquoi devrions-nous avoir un profil parfait ! C’est comme dans les CV, il faut planquer par tous les moyens les périodes d’inactivité ou de chômage, c’est pas bien !
Pourquoi ne pourrions-nous pas aussi montrer nos faiblesses, notre vulnérabilité ? Et si on a failli gravement, n’aurions-nous pas droit à l’indulgence, au pardon de la faute ?

L’erreur, n’est-ce pas ce qui nous fait avancer, rectifier le tir ? Comment avons-nous appris à marcher ? En tombant !

C’est quoi encore cette peur ? Peur du jugement de l’autre ? Peur d’être banni des cercles ?
J’avoue (oh, attention, je me dévoile) être moi aussi prise dans les filets du jugement. La faute à l’Education ( mais je pardonne ;-) ), qui nous a soumis au jugement de l’autre, à la bien-pensance, au conforme. Il n’y a qu’à voir la quantité de post dans mon disque dur, que je n’ai jamais publié, car inachevé, mal écrit, mal pensé ou trop libre selon mon jugement par rapport à ce que les autres vont penser. Heu, je ne sais pas si c’est clair, là !  Je m’autocensure par peur d’être mal jugé ! Et bien, ça m’agace !
Pourquoi ne pourrais-je pas dire quelque chose de bête, d’idiot, de grotesque ? Les autres, s’ils ne me jugent pas mais répondent en faisant avancer la “chose” me permettront peut-être de réajuster ma pensée. Comment, ce que je dis n’est pas bien écrit ? Est-ce que parce que je suis hors des cercles d’experts, de philosophes, de sociologues, etc … qui ont une grande connaissance que je vais m’empêcher de penser publiquement ? C’est bête, hein ? Quelle idiote idée ?

Alors, les jeunes, peut-être qu’ils s’embarrassent moins de tout ce fatras psycho machin chose. Et s’ils mettent des photos compromettantes, que l’on n’en fasse pas tout un fromage. Ils ont droit à l’erreur. D’ailleurs maintenant, c’est à partir de 11 – 12 ans qu’on fait son blog. Et alors, regretteront-ils après de s’être montrer si puéril ? J’espère bien que non, et qu’ils regarderont avec tendresse leur identité numérique quand ils étaient plus jeunes.

Voilà, ce qu’il nous faut revendiquer sur la toile, le droit à l’erreur ! Et c’est vrai que ce n’est pas simple, quand on voit comment un buzz peut démolir quelqu’un rapidement. Faudra donc apprendre à nous blinder contre la bêtise ! ;-)
Enfin assumer nos faiblesses, nos erreurs de pauvres humains ! Ecouter, voir l’autre sans jugement et si nous ne sommes pas d’accord entamer le dialogue.

J’ai le pressentiment que si cette transparence numérique n’est pas assortie du droit à l’erreur, faute du droit à l’oubli, nous allons aller vers un enfer d’abondance d’images publicitaires. Et si les gouvernements de tout poil qui tentent de brider la libre parole réussissent, il ne nous restera que les réseaux souterrains pour pleurer.